Presse
Critiques de Synopsis
The IAJRC Journal
June 2009-06-02
Stuart Kemsky
Ukiah, Canada
A similar zone of electro-acoustic music is explored by another trio, Beuret
Koch Vonlanthen, on their concert recording Synopsis. Trombonist Denis Beuret’s
Synopsis is a series of graphic scores that specify some parameters of music
but omit any chord notations or specific pitches. It’s a concept that soars
or falls flat depending on the skills and attitudes of the musicians, and
in bass clarinetist Hans Koch and electric guitarist Vinz Vonanthen, Beuret
has some extraordinarily sensitive help in successfully realizing this music.
Beuret an Koch are also credited with live electronics, so their palette is
virtually limitless. With on-the-spot electronic manipulation and distortion
the order of the day, it’s a surprise when they nearly get back to the native
sounds of the instruments, wich they do rather sparingly.
One definition of « synopsis » is « a condensed statement
» and that’s certainly the case with these mostly short, dense excursions
into a sometimes forbidding sound world. The CD is a seamless hour-long compendium
of two dozen well-recorded examples of the trio’s work recorded live in a
variety of Swiss performances. It’s quite a trip, via altrisuoni.com.
Jazz & Tzaz Mars 2009
Grèce, traduction française, Philippe Bingeli
Beuret Koch Vonlanthen
Synopsis
Altrisuoni as261 2008
A quoi exactement se résument ici le trombone live électronique
de Denis Beuret, la clarinette basse de Hans Koch et la guitare de Vinz Vonlanthen
?
Difficile à dire, bien que les 24 compositions (de 0 :43 à
5 :02) portent indubitablement la marque d’un trio d’improvisation qui existe
depuis 2006. Emmenés par les partitions graphiques de Denis Beuret
- donc par définition, dirons-nous, il n’y a pas de liaison rythmique,
mais au contraire une immense liberté – les trois musiciens enregistrent
en concert, dans différentes villes suisses, au courant du printemps
et de l’été 2007, présentant une œuvre d’avant-garde
électro-acoustique avec des prolongements psychosomatiques précis.
Les couleurs sonores sont nombreuses et variées et aidés par
le travail scénique, il leur est aisé de brouiller les impressions.
Par exemple, le trombone de Beuret est souvent perçus en tant que double
son, la guitare de Vonlanthen comme de la génération sonore
et la clarinette basse de Koch, surtout quand il joue avec les tampons, comme
de la percussion.
L’imagination du trio est riche et jubilatoire.
Culture Jazz
>>Vitrine de février 2009 : le jazz est vivant !
21 février 2009
Auteur(s) :
Jean Buzelin, Thierry Giard, Yves Dorison
Dix disques qui reflètent encore la diversité
du jazz.
Sous les projecteurs ce mois-ci :
> Beuret/Koch/Vonlanthen : "Synopsis" Beuret/Koch/Vonlanthen : "Synopsis"
Beuret / Koch / Vonlanthen : "Synopsis"
Altrisuoni / Anticraft
> Altrisuoni AS 261 - distribution Anticraft
Denis Beuret (tb, live electronics), Hans Koch (bcl, live electronics),
Vinz Vonlanthen (elg).
1-24. Synopsis. / Compositions de Denis Beuret. / Enregistré live
en Suisse, en avril, mai et juin 2007.
La Suisse semble être, depuis un certain nombre d’années, un
pays où l’on pratique volontiers l’improvisation et la recherche les
plus avant-gardistes. Mêlant les explorations électroacoustiques,
les voies contemporaines occidentales, et la liberté du jazz free,
ce remarquable trio nous emmène dans un voyage plein de surprises et
de découvertes tout au long de vingt-quatre étapes, vingt-quatre
courts Synopsis saisis sur le vif parmi neuf concerts. On se croirait, à
première écoute, dans l’improvisation libre, or tous ces extraits
ont pour base les propositions graphiques du tromboniste Denis Beuret. Ce
qui évite les redites et les clichés car un véritable
jeu d’équilibre se développe entre les trois musiciens qui nous
surprennent constamment. Aussi, même les auditeurs les plus familiers
et rassasiés de ces musiques garderont les oreilles grand ouvertes
et ne décrocheront pas en cours de route. Comme quoi, il y a encore
des voies vers l’inouï à explorer.
. :: JB ::.
WRUV Reviews
[Classical/Avant Garde, Jazz] from Beuret Koch Vonlanthen, AS
Beuret Koch Vonlanthen–Synopsis
review by Laima
Avant-garde electronic explorations with a humorous touch of trombone plus
guitar and bass clarinet. Very interesting. I kept visualizing mutating ameobae
and undersea creatures! Many short pieces. Released on a jazz label, genre
can be avant-garde and jazz.
Jazz’n more 12/01/09
Beuret Koch Vonlanthen – Synopsis
Ende der 1960er-Jahre gelang es den Europäischen Jazz-Musikern,
sich von ihren Amerikanischen Vorbildern zu emanzipieren. Wie in anderen gesellschaftlichen
Bereichen empfand man auch in der Musik die geltenden Regeln als einengend.
Als überkommene Autoritäten, an denen wacker zu rütteln war.
In Deutschland wurde zerstört und es gab viel (oft schönen) Krach.
In Grossbritannien dagegen führte die Ablösung von Amerika zu einem
neuen tonalen Verständnis. Instrumente hatten plötzlich keinen
ihnen eigenen Klang mehr. Neu durfte ein Klavier gezupft, ein Schlagzeug beworfen,
ein Saxofon besprochen werden. Auf die oft allzu herausfordernden Experimente
wurde dann gegen Ender der 1970er-Jahre mehr und mehr verzichtet. Doch die
Möglichkeiten sind auch heute noch lange nicht ausgeschöpft. Insbesondere
die neuen technischen Möglichkeiten mit leistungsstarken Computern und
schnell reagierenden Programmen eröffnen ein neues, weites Feld. Aus
dieser Ecke stammen die 24 kurzen Tonfragmente. Bruchstücke, die keine
Muster vorgeben, sondern vor allem die Fantasie des Publikums anregen und
es zu weiteren inneren Erkundungen animieren. Eine schöne Herausforderung.
(Christof Thurnheer)
Critiques de Alone
Viva la musica, janvier 2009, Norberto Gimelfarb
Quelle idée que de faire un disque de trombone basse augmenté
solo où le tromboniste s’associe à lui-même par de l’électronique
en direct, est-on tenté de se dire. L’idée nous a pourtant semblé
bonne, très bonne ; l’incrédulité vient de ce que ledit
trombone basse se multiplie, se démultiplie, se double, se dédouble,
se triple, se détriple et que l’invention ainsi déployée
à nos oreilles ne cesse de varier. C’est que le tromboniste s’ingénie
à changer les apparences et les avatars du son de son instrument non
seulement par l’électronique, mais encore en se servant d’attaques
différentes, de multisons (harmoniques, émission de la voix
couplée à celle du son du trombone), d’embouchures diverses
(tuba, saxophone, clarinette, clarinette basse, etc.), de sourdines diverses.
Beuret a joué dans une grande palette d’ensembles (symphoniques, de
chambre, de jazz, de rock, de musique ancienne, d’avant-garde …) et composé
de la musique contemporaine, du jazz, des musiques non conventionnelles. C’est
dire que la quarantaine à peine entamée, il a accumulé
une substantielle expérience musicale. Tout cela s’entend dans
la musique de ce disque. Les trois premières plages sont d’un caractère
assez sombre et statique, mais on est frappé par la grande quantité
des trombones que les multisons et les superpositions, grâce à
l’électronique en direct et aux programmes Max/MSP et Logic Pro, nous
font entendre. La troisième plage a un caractère un peu plus
« vocal ». La quatrième plage, première des MaxLoop,
commence sur un son de tuyau, comme une flûte où l’on souffle
sans laisser s’épanouir le son, qui subsiste lorsque le trombone fait
son apparition sur des phrasés et des rythmes nettement plus jazzistiques
et rapides ; un peu plus tard s’y ajoutent d’autres trombones, dont un probablement
joué avec une embouchure de trompette. Les trois plages MaxLoop ont
une allure générale plutôt jazzifiante. Si vous ne vous
lassez pas de trombonismes divers, variés, changeants, si vous ne laissez
pas intimider par des éléphants qui envahissent votre sono,
si des bourdons en boucle ne vous empêchent pas de jouir d’une musique
étonnante, si vous avez l’oreille aventureuse, alors à vous
de vous laisser guider par un artiste-artisan-interprète-compositeur-imaginateur
d’un monde qui cherche à transmuter les pesanteurs des sons graves
en émerveillement, alors vous êtes le public idéal de
ce disque.
Alone – Critics
Jazz review, July 2008, Glenn Astarita
http://www.jazzreview.com/cd/review-19865.html
Review:
The title of this CD might imply a sense of isolation or perhaps an introspective
type of musical paradigm. On the contrary, Swiss bass trombonist Denis
Beuret professes a very active and multi-tiered set via his employment of
live electronics and computer programs. I don’t know enough about the
Logic Pro tools and other technicalities briefly mentioned in the liners.
However, Beuret is onto something here. On a side-note, modern jazz/improvising
trombonist George Lewis was an early exponent of this medium while performing
with his laptop, although the tech tools have developed in leaps and bounds
since the ‘90s.
Beuret’s multi-octave phrasings complement the human-computer framework.
With EFX consisting of cyclical undertones and dissipating motifs, the artist
often engages in call/response improvisation while also using his effects
for rhythmic parameters. It’s partly about left-brain, right-brain exchanges,
where droning ostinatos and swirling treatments offer numerous contrasts
throughout. Either way, Beuret casts vivid notions of a surreal environment.
On “Nouvloop3,” the trombonist launches an ethereal climate by fusing dense
electronics with extended note ‘bone lines. And with the final track
“MP-05,” he eases the proceedings into a cosmic void, all annunciated by howls
and upper-register phrasings. Beuret corners a niche so to speak,
especially since he’s quite adept at conveying how successful one can be.
He flips the time-worn, man vs. machine adage into a deeply personalized
musical state. Somehow, someway, Beuret makes it all sound as though
it is was meant to be.
Alone
Psychemusic, July 2008, Gerald Van Waes http://psychemusic.org/
I always liked the live electronics to wind instruments, because they enrich
the sound to wider perspectives, without needing too different sounding new
instruments to complete this. The earliest interesting, real sonic experiment
with brass and electronics in jazz that I have heard before was from a 60s
recording of Steve Lacy, something which I remember well. We’re so many years
further now and the abilities to do so are also much more advanced. But the
most necessary fundament remained the same : such a context of pure improvisation
with it, needs the right combination of an explorative ear to the sound as
well as the creative attention to the harmonic evolutions with it in time.
The album sounds for the most as if it’s a recording done with multiple
layers. The introduction however says : bass trombone and live electronics.
The programmes and graphic interfaces were built in Max/MSP and Logic Pro.
It still is hard to believe this was all done in one take. Because even if
this was not some of the results are rather impressive and sonically interesting.
I also don’t understand how he really added the different brass sounds on
top of one another, with just this equipment. On most live electronics you
hear an overuse of repetitive loops, or at its best you notice a master in
pedal sounds changes on some instrument, and a good use of programmed pre-recorded
ideas. In any case, for such an idea of an exploration, this album is a relief.
At first the electronics add a slight deformed sound effect now and then,
or they stretches a tone to a never ending drone to makes an echoing loop.
Except for the last two tracks every idea, whatever it is is used subtle enough
not to overload the improvisations themselves, extremely moody improvisations.
The third track gives, just sporadically, a different sound effect to the
trombone as if Denis Beuret plays with a human voice instead, as if adding
subtle throat singing effects to the lead voice (now the trombone). Some other
effects, on this track, sound a bit more electronic sounds, with droning looped
waves. The fourth track uses some direct live and reverb recordings of breathing
in tubes, before adding another trombone solo. This piece contains some more
melodically-improvised jazz playing. The fifth track reaches from tuba, trumpet
to balloon-whistle (-with and without distortion-), showing a whole range
of harmonic improvisations, more comparable once more to a vocal group improvisation
than to a usual brass band harmonic tension. The only slightly blurry and
sleep-provoking idea is the loops of soft trombones on the background with
one slower one on top on the “Polyloop 8”, where Denis might have tried the
effect of what was a certain theoretic idea to explore something differently.
More impressive as an idea are the almost electronic music machinery and
industrial effects used on “Nouvloop2”. On “Nouvloop3” it sounds as if one
brass instrument is playing close to a ‘paper under a glass with pressure’,
vibrating a bit with some rhythmically processed notes, against other intelligent
contra-rhythms and arrangements on trombone, bass drone brass, and what sounds
like a more silent human whistle.
The last two tracks are from a whole different idea, a for me less interesting
starting point I have talked about before. “MP-04” is more clearly loop-based.
One of the used sounds is a vibrating breathing snoring drone, clearly based
upon a breathing sound a trombone, mixed with other pure-rhythmical sound-combinations
and ideas, with this time, a little bit less room for the improvisations themselves.
The final effect of this is first of all slightly natural, like the produced
sounds from singing insects (and further on a lower bass barking frog perhaps),
and at some other stage, like a wind blowing into a metallic machine. It
has this natural feeling in the sounds just because it based its sounds on
a semi-acoustic fundament, but at the same time it is also a bit more mechanical.
Never the less, Denis keeps it interesting and changing in theme and foundation,
so that the improvisation and its sonic exploration also this track wins
the game. Also the last track uses a droning carpet of waves and distorted
sounds with an improvisation on top. It might be the least complex track
to end with, but still is enjoyable.
Alone
Bad Alchemy, July 2008, -Rigobert Dittmann, D-Würzburg
Mein Name ist Legion, denn wir sind viele, das könnte auch DENIS BEURET
sagen. Der 1965 im schweizerischen Delémont geborene Allroundspieler
zwischen Jazz und Neuer Musik bläst zwar seine Bassposaune ganz Alone
(LR 511), aber Max/MSP- und Logic-Pro-umloopt wird er zum Plural. Er spielt
graphisch notierte Eigenerfindungen, angeregt von Mangelsdorf und Globokar
nutzt er diverse Dämpfer- und Mundstückvarianten, Spalt- und Überblastechnik
und verwandelt sich so in ein dröhnendes Pluriversum sonorer Klänge.
Haltetöne und Langwellen schmückt er mit
melodiösen, dunkel grollenden oder auch blechern zirpenden Verzierungen,
manchmal fließen die Töne rückwärts wie Hawkings Kaffetasse,
dann wieder sind sie so verMaxt, dass ihre Mutter sie nicht wiedererkennen
würde. Beuret ist in Tromboom und im Beuret-Bühler-Vonlanthen Trio
auch Teamspieler, aber die ‚Wunder‘ der Technik bieten Möglichkeiten
der Konzentration und Vertiefung, ohne
egozentrisch zu erscheinen. Es sind die Loops, die eigentlichen dämonischen
Legionäre, die bisweilen monomanisch wirken, Beuret bildet den beweglichen
Gegenpol, der nicht der Schwerkraft gehorchen muss. [ba 59 rbd]
Alone
All About Jazz, New York, September 7, 2008, Fred Bouchard
Trombone Solos: Wolter Wierbos & Denis Beuret
Though the vocalizing of jazz lines and effects on wind instruments is famously
attributed to saxophones, cogent arguments can be made for trombones, as well.
The large traditional trombone embouchure itself allows for wide expressiveness,
but players also can adapt and plug in mouthpieces for tuba, trumpet, even
woodwinds. The glissando capability allows deft emotional nuance. Further
timbral shadings can be achieved using the legendary array of colorful mutes—straight,
hat, plunger, cup, chamois, Harmon and many more, some homemade. Players with
signature 'vocal' sounds include gutbucketer George Lewis, guttural smoothie
Quentin “Butter” Jackson, squawky-talker Ray Anderson and bop boomer Steve
Turre (who enhances his arsenal with a crateful of conch shells). Today much
experimentation is done (or at least recorded) among Europeans; here Wolter
Wierbos (Netherlands) and Denis Beuret (Switzerland) polarize as if the yang
and yin of sackbutters—expressing organic pulsing vs. synthetic arrhythmia.
Beuret's more an arms-length tin man or cerebral wizard of 'ahs!' on Alone.
In the relative discomfort of the studio, he parses wide textural panoplies
(new digitalia, mutes, mouthpieces) and sonic effects through electronica—lazy
or manic loops, chorale-like voicings, buzzing undercurrents. “MaxLoop3” examines
boppish staccato with Knepper-isms plus tuba and trumpet overlays; “NuovLoop2”
employs an ultimately brain-trampling loop of stampeding elephants over a
multiphonic wasp swarm. He's gotta be blowing a tuba mute creating a 'ground
bass' layer for “MP-04.” Aural images of haunted dovecotes, encroaching foghorns,
bursting fishtanks, gobbling turkeys and whooping cranes ebb and flow ominously.
Many effects conjure alien video games: orc march, blasted control room bweeps,
dry loops like machine monitors, with a human trombone voice buried within.
The overall effect is difficult, demonic, cumulatively assaultive.
Alone
The Wire : London, august 2008, Jazz & Improv, reviewed by Philip Clark.
Alone is a deceptively simple title for this solo performance by Swiss tromboniste
Beuret. Although all the sounds are spawned from his bass tromboone, his use
of Logic Pro and other software shadows the live trombone with loops frozen
in time and veiled past gradually revealing themself like an oil painter’s
pentimento. Opening track « MP-01+ is a sensuously layered montage of
regenerating fanfares, with the technologiy aiding oddball tunings and faking
an orchestral range of trebles and basses. Beuret’s jazz roots are subtly
embedded into later tracks as he trades ideas with himself, while other pieces
are concerned sololy with textural shading between flatulent grunts and wolf-whistling
upper partials.
Alone
Altrisuoni, agosto 2008, Piercarlo Poggio.
C’erano una volta i trombonauti. Fu una stagione magica, a metà dei
Settanta, con Globokar, Rutherford, Christmann, Malfatti, Lewis, mangeldorff
e altri a deliziarci con prove sublimi di trombone solo, destinate a rimanere
scolpite nella storia dell’improvisazione, anche se un po’troppo dimenticate
ai giorni nostri. Lo svizzero Denis Beuret rinverdisce quei ricordi con buona
proprietà di linguaggio, tra doppi suoni e l’ausilio delle nuove possibilità
offerte dall’eletronica portatile. Incisione anche piacevole e non solo di
ricerca.
Alone
swissdisc
Le compositeur et tromboniste fribourgeois Denis Beuret propose douze improvisations
sur cet enregistrement. Celles-ci sont le reflet de la vaste palette sonore
du trombone, mêlant divers effets allant d’effets instrumentaux à
des effets digitaux en passant par l’utilisation d’autres accessoires.
Denis Beuret est connu de la scène musicale suisse, que ce soit par
ses talents de compositeur ou d’interprète. Il joue du trombone basse
et du trombone électronique. Il a d’ailleurs mis au point un trombone
basse augmenté muni de divers capteurs qui permettent de contrôler
des messages Midi en fonction des mouvements et du jeu du tromboniste. En
tant qu’interprète, Denis Beuret a eu l’occasion de se produire avec
de nombreux musiciens, que ce soit dans le domaine de l’electro-jazz, de l’ethno-jazz,
de l’improvisation et des performances musicales.
«Alone» propose une découverte peu courante du trombone,
dans un domaine qui laisse toute liberté puisqu’il s’agit d’improvisation.
Il paraît difficile de classer ce disque car on se situe à mi-chemin
entre la musique électronique et la musique classique contemporaine,
avec une influence jazz évidente.
Doubles sons, utilisation des boucles et autres effets instrumentaux sont
au menu de cet enregistrement. C’est une performance qu’il faudrait décrire
en détail, tant les effets sont nombreux. À tel point que l’on
finit par se demander comment un interprète parvient à obtenir
à lui tout seul autant d’effets sonores: Il y a quelque chose de magique
dans cet enregistrement réalisé en une seule prise, sans retouche
en studio. Le trombone sonne sans doute comme jamais on a l’occasion de l’entendre.
Ce disque est une belle manière de partir à la découverte
de sonorités surprenantes.
Many Voices, critique
Le quotidien jurassien, 29 janvier 2009, Yvette Knoerle
Musique contemporaine - Une extraordinaire panoplie de sons
Sortirait-elle de son trou ? Commencerait-elle à intéresser
un plus large public ? Y arriverait-on par l’intérêt commun pour
l’électro-acoustique des compositeurs issus de la lignée dite
« classique » et des jazzmen ? Depuis qu’un certain Schönberg
au début du XXe siècle a basculé hors de la tonalité
qui berce nos oreilles depuis des siècles, un fossé s’est creusé
entre compositeurs et grand public. Pour la première fois dans l’histoire,
on n’écoute que peu les compositeurs de notre temps. L’initiative de
Denis Beuret (né à Delémont), tromboniste, électro-acousticien,
est à la fois passionnante et courageuse. Une série de sept
concerts dans différentes villes, dont Delémont, nous le font
connaître comme instrumentiste, compositeur et improvisateur, accompagné
par différents musiciens. Samedi soir, fidèle à son fil
conducteur, il est parti de l’œuvre connue d’un musicien contemporain pour
s’en inspirer ensuite dans des impro-compositions inédites. Luciano
Berio (1925-2003) a écrit 14 Sequenze, chacune pour un autre instrument,
dont la 3e pour la voix et la 5e pour le trombone. La chanteuse Franziska
Baumann nous plongeait dans l’univers de Berio, dont l’intention était
de montrer toutes les possibilités insoupçonnées de la
vois humaine. Le bel canto n’était pas au rendez-vous mais une extraordinaire
panoplie de sons que l’on retrouvait dans les propres compositions de la
chanteuse avec tout le jeu de l’électronique, mis en mouvement par
un long gant noir orné de fils et de capteurs. Mais la grâce
était aussi au rendez-vous. Le trombone à son tour développait
des timbres nouveaux pour se lancer ensuite dans une vaste improvisation avec
la voix et avec cette technique électronique qui pour les non-connaisseurs
a des facettes de prestidigitateur. Franziska Baumann est une passionnée
de musique contemporaine et des possibilités extraordinaires ouvertes
à une chanteuse qui en accepte l’aventure. Un autre univers… Un monde
où le son est le centre d’intérêt. La curiosité
peut être source de découvertes insoupçonnées !
Atricles 2008
La Liberté 11 octobre 2008 Benjamin Ilschner
Trombone et inattendu
Musique contemporaine. En habile manipulateur de sons électroniques,
Denis Beuret associe au trombone des effets aussi rare que surprenants.
De prime abord, « Alone » est un titre bien énigmatique
pour le disque que le compositeur et tromboniste Denis Beuret vient de réaliser
: « Seul » ? Comment a-t-il pu enregistrer douze improvisations
en une seule prise et en solo tout en les agrémentant de séquences
rythmiques, loops, échos et autres bruitages ? Son trombone, du moins,
ne peut être l’unique instrument impliqué. Une supposition qui
se confirme lorsqu’on s’intéresse de plus près au travail de
l’artiste jurassien. En quête d’un style éminemment personnel,
il n’hésite pas à recourir à des embouchures de tuba,
clarinette ou de saxophone; et surtout, il accentue le côté expérimental
de son jeu en exploitant les richesses de la musique électronique.
Autant dire que ses images sonores dévient passablement de celles
du cuivre traditionnel.
Combinaison inédite
Cette volonté de se démarquer résulte de longues années
de recherches et d’étude. Denis Beuret s’est principalement consacré
au trombone, mais aussi à la batterie, à la direction et à
l’orchestration. Dès les années 1980, il fréquente l’Ecole
de jazz et de musique actuelle (EJMA) de Lausanne tout en se perfectionnant
à son instrument de prédilection à Delémont et
La Chaux-de-Fonds.
Aujourd’hui installé à Semsales, il a sillonné la Suisse
et d’autres pays en multipliant les projets de tous genres, du solo au brass
band, de l’harmonie à l’orchestre symphonique. Parmi toutes ces voies,
il s’est finalement décidé à suivre celle de l’indépendance
complète. Ses initiatives personnelles vivent du hasard des rencontres
et du goût pour la découverte. Se rapprochant notamment de l’Ircam
(Institut de recherche et de coordination acoustique/musique, créé
par Pierre Boulez à Paris en 1969), où sont développés
les concepts majeurs de musique électronique, il apprend à jongler
avec les outils informatiques. Aussi fidèle à son trombone qu’inspiré
par ces nouvelles technologies, il met au point une combinaison inédite
– et perpétuellement en cours de perfectionnement, comme toute idée
née dans cet univers électro-acoustique. Divers capteurs disposés
sur son trombone basse lui permettent de contrôler l’ordinateur sans
assistance et en temps réel. Fruit de ces innovations, le projet «
Alone » n’est donc pas qu’un disque : Il se prête aussi à
la scène et se destine à être renouvelé, d’autant
plus que l’improvisation au cœur de la démarche signifie tout le contraire
d’une composition figée.
Aussi jazzman
Le disque, justement : n’est-ce pas un support obsolète pour un inconditionnel
de l’avant-gardisme ? « Bien sûr qu’Internet sert aussi de vitrine
à mon travail. Mais la relation avec mon public ne doit pas en souffrir.
Je veux pouvoir lui offrir ma musique dans un format concret et non seulement
virtuel », conteste l’intéressé, décidément
convaincu de la complémentarité entre technologie et les qualités
humaines. Comme le confirme son agenda des prochaines semaines, Denis Beuret
se produit volontiers en concert. « Mon public, note-t-il avec satisfaction,
n’a pas de culture ou de goût précis. Il apprécie de pouvoir
laisser libre cours à son imagination, comme s’il se trouvait face
à une musique de film sur laquelle il pouvait imprimer ses propres
images ». Aussi convaincante soit-elle, la formule à base d’électro-acoustique
ne doit pas faire oublier les autres styles que pratique le tromboniste. Également
versé dans les langages contemporain et jazz, c’est avec son quartette
« Denis Beuret B4 » qu’il entame sa prochaine tournée
en Suisse. Avec la complicité de Bruno Tocanne à la batterie,
Lionel Martin aux saxophone et Rémi Gaudillat à la trompette,
il remontera jusqu’aux années 1960 et 70 pour saluer l’œuvre de son
confrère allemand, le jazzman Albert Mangelsdorff, autre spécialiste
des rencontres entre le trombone et l’inattendu.
Le Quotidien Jurassien 16 octobre 2008 Yves-André Donzé
Denis Beuret associe avec talent trombone et sons électroniques
Denis Beuret et ses potes compositeurs du quartet B4 (Bruno Tocanne, batterie,
Rémy Gaudillat, trompette, Lionel Martin Saxophones) ont joué
la première fois hier à Fribourg leurs nouvelles compositions
pour célébrer le 80e anniversaire du tromboniste Albert Mangelsdorff
et des hommages à Ornette Colemann et Steve Lacy. C’est cette création
qui sera donnée ce soir à Genève, demain à Lausanne,
samedi à Delémont et lundi à Berne. Nous avons demandé
à Denis Beuret pourquoi il tournait une création qui n’a rien
à voir avec le disque qui vient pourtant tout juste de sortir : «
Quand j’ai cherché, dit-il, une maison de disque l’an dernier pour
Synopsis – un CD qui va sortir au début de l’an prochain sous le label
Altrisuoni avec Hans Koch et Vinz Vonlanthen – j’ai envoyé la maquette
à plusieurs maisons de disques, dont le label Leo Records. J’avais
inséré la maquette de Alone à tout hasard. Ils m’ont
répondu qu’ils trouvaient Alone excellent et qu’ils avaient envie de
le prendre. C’était au printemps. Je ne pouvais pas décliner
l’offre au vu de la notoriété de ce label. Mais je n’ai pas
eu le temps d’inclure Alone dans la saison de concerts. Ce sera pour le printemps
prochain.»
Musiciens en résidence et en tournée
À propos de saison, il s’agit de tout un concept. Parti sur la résidence
de musiciens différents chaque mois chez lui, Denis beuret et l’Association
Nouvelles Créations, qui le soutient, ont organisé une tournée
dans six villes de Suisse : Fribourg, Genève, Lausanne, Delémont
-origine oblige- Berne et Bâle, durant sept mois.
Par exemple le présent concert de Denis Beuret B4 en octobre, O.M.N.I.
(pour Objets musicaux non identifiés) en novembre, Total Respect en
décembre (avec Christine Sehnaoui, saxophoniste), Many Voices en janvier,
le trio Beuret-Koch-Vonlanthen en février et son disque en février,
Denis Beuret, B3 en mars et le Trio Lism en avril. A chaque fois il s’agit
d’une exploration originale de musiciens tels Mangelsdorff aujourd’hui, Pierre
Henry, John Cage en novembre, Lachenman, Christian Wolf, David N. Baker en
décembre, Luciano Berio en janvier, Toru Takemitsu en mars, et ainsi
de suite. L’ensemble du programme se découvre sur le site www.a-n-c.info.
Quant au concert de samedi, il est entièrement acoustique.
Migros Magazine 40, 29 septembre 2008, Jacqueline Strahm
Musique contemporaine
L’association Nouvelles Créations propose 35 concerts, dont sept
à Delémont dans lesquels jouera le tromboniste précurseur
Denis beuret, natif de Delémont.
Tromboniste professionnel, prof de musique, compositeur toujours en recherche
au niveau de l’utilisation de l’électronique, le musicien Denis Beuret
est né à Delémont en 1965.
Actuellement, il s’est établi à Semsales (FR). Il vient de
signer un disque intitulé « Alone », qui comporte douze
de ces compositions, avec trombone basse et électronique. Tout a été
réalisé dans son studio en utilisant divers effets. Il propose
des impros, lesquelles sont le reflet de la vaste palette sonore du trombone,
qui mêlent effets instrumentaux à des effets digitaux.
Le résultat est étonnant. On se croit plongé dans les
abysses, on flotte dans un autre monde. Cette musique reposante, étrange,
pourrait illustrer des films. Denis Beuret a d’ailleurs récemment eu
l’occasion et la chance d’illustrer musicalement des films muets de Hans Richter
– un classique du cinéma surréaliste. Et la musique du tromboniste
colle parfaitement aux images qui ont eu les honneurs de la Cinémathèque
de Lausanne.
Denis Beuret est prof à l’Ecole de Musique Créative, musicien
et compositeur dans plusieurs formations de musique contemporaine, jazz alternatif,
musique improvisée. Il a créé un trombone basse augmenté,
muni de divers capteurs lui permettant de contrôler des messages MIDI,
en fonction de ses mouvements et de son jeu. Il a inventé un langage
très personnel et son écriture reste très dépouillée.
Le musicien a étudié la batterie, le trombone, a dirigé
des orchestres, s’est produit en France et à Taïwan. Il compte
à son actif près de 500 concerts et ne cesse de se produire
avec diverses formations. Il a joué avec une multitude de musiciens
confirmés et ses influences sont entre autres, Albert Mangelsdorff,
Bill Watrous, Stravinski, John Cage, Wagner, Debussy, Miles Davis et John
Coltrane. Denis Beuret est soutenu par l’Association Nouvelles Créations
(ANC) qui met sur pied une saison de 35 concerts d’octobre à mai à
Fribourg, Genève, Lausanne et Berne. Sept seront présentés
à Delémont au Centre réformé.
Favoriser les rencontres
La saison comportera sept programmes de musique contemporaine classique
avec des incursions dans le Jazz contemporain, la musique électronique.
Le but de cette saison musicale? Favoriser les rencontres et les échanges
de compositeurs et musiciens, familiariser le public avec la musique contemporaine
et le fidéliser en offrant une saison de concert à prix attractifs.
Le fil conducteur de la saison : la mise en perspective d’œuvres de compositeurs
contemporains reconnus avec des créations de compositeurs jouant dans
chaque ensemble. Le public retrouvera Denis Beuret dans toutes les formations
et il ne fait nul doute que les mélomanes auront grande envie de découvrir
ces concerts et de se familiariser avec cette musique.
Denis Beuret vient jouer ses " Synopsis " avec le
Nouvel Ensemble Postcontemporain.
Engagé à fond dans la création musicale,
le compositeur-tromboniste-improvisateur et électroacousticien jurassien
sort de son laboratoire et entame une tournée avec deux grosses pointures
de la musique actuelle.
Le « piano préparé » de John Cage
n’était-il qu’une cage à boulons ? A l’instar du célèbre
précurseur, le jurassien Denis Beuret trafique son trombone basse,
adapte des anches de contrebasson, des becs de saxophone et de clarinette,
tout comme son complice Vinz Vonlanthen qui y va à coup de pince
crocodile, de clous, de mini-frettes et de cordes sauvages. Ils interviennent
dans l’émission du son donc dans le timbre. L’électronique
leur permet alors d’ouvrir un maximum leur musique en déformant
les sons en utilisant différents effets, de la même manière
qu’un artiste contemporain se donne les moyens techniques d’explorer
tous les champs du visible. Le trio Beuret-Koch-Vonlanthen fait donc
dans la musique actuelle et forme le Nouvel Ensemble Postcontemporain.
Ils débarquent dans le Jura dès la semaine prochaine. Au
programme, Synopsis, un panorama d’une vingtaine de compositions du delémontain,
à joue avec une large place accordée à l’improvisation.
Denis Beuret n’est pas un adepte du gaffophone de Gaston,
il reste le virtuose incontesté du trombone, de ses rondeurs,
de sa douceur, de ses éclats, de ses plaintes, de ses vents coulis.
C’est d’ailleurs un compositeur-tromboniste des années
septante, Vinko Globokar, qui lui a révélé la
voie de la recherche contemporaine. Les Echanges pour instrument à
vent de ce dernier l’ont interpellé au niveau de l’écriture
qui procédait par icônes pour rendre compte, dans un enchaînement
continu, des diverses embouchures, des sourdines, des volumes, des lignes
mélodiques approximatives pour simplifier des écritures
qui devenaient beaucoup trop compliquées, comme chez Luciano
Berio à la fin des années soixante.
Denis Beuret s’est rapidement initié aux nouvelles approches
du son. « C’est fou ce que tu peux créer comme sons, le
champs est vaste et les combinaisons presque illimitées »,
confie le compositeur-créateur. Il a inventé un système
d’écriture qui se limite aux types d’émission du son,
au type de sourdine et actions proposées. La partition tient de
la fiche technique et de la carte de menu gastronomique. Proche de l’IRCAM
(Institut de recherche et de coordination acoustique/musique) à
Paris, il s’intéresse à la matière des sons qu’il
décompose pour en utiliser les formants, les fréquences
qu’elle contient. Ses recherches portent sur l’adaptation de becs de
sax, clarinettes, flûtes, nouvelles sourdines inédites, …
Surtout, il affuble son trombone basse de divers capteurs afin de contrôler
l’électronique tout en jouant. « Le traitement simultané
du son par l’informatique se révèle des plus intéressants
», explique le génial bidouilleur qui tempère le propos
en se reposant sur deux programmes existants : Logic Pro qui sert aux
effets, échos, simulation d’amplis de guitare, chorus et autres
modulateurs en anneaux et Max qui est le programme fétiche de l’IRCAM
pour la programmation d’applications interactives en temps réel.
Mais à quoi tout cela rime-t-il ? La réponse
fuse en temps réel aussi : « A être plus libre ».
Le but étant de favoriser « les moments musicaux »,
à « varier les scénarios ». Le compositeur qui
se dit co-créateur parce qu’il est impossible de jouer cette musique
sans une écoute mutuelle intégrale explique que lui et ses
compères essaient de traverser des terrae incognitae entre improvisation
libre, jazz contemporain, musique classique contemporain, musique électroacoustique
et électronique. Chez eux, ni thèmes ni grilles d’accord.
Il s’agit de compositions quasi simultanées ou le silence est
d’or. Et la musicalité ? Elle réside dans la faculté
plus ou moins heureuse de produire du sens. À donner l’intime conviction
que « sans la musique, la vie serait une erreur » pour paraphraser
Nietzsche. « De toute façon, il faut avoir une maîtrise
maximale de l’instrument, des moyens informatiques et de l’improvisation.
Le public se montre souvent très curieux et captivé »,
conclut Denis Beuret.
Le clarinettiste Hans Koch vit à Bienne. Il est
considéré comme l’improvisateur le plus créatif
d’Europe. Il a donc joué depuis les années 80 avec les
plus grosses pointures, de Cecil Taylor à Fred Frith. En tant que
compositeur, il a forgé le son du trio Koch-Schütz-Studer ainsi
que son propre vocabulaire qui comprend une utilisation impressionnante
de l’électronique. Né à Berne, vivant à Genève,
Vinz Vonlanthen fait partie des guitaristes de portée internationale
et des grands explorateurs des concepts et moyens d’expression musicale.
Établi à Semsales (FR), Denis Beuret, outres ses compétences
de compositeur, a donné plus de 400 concerts en Suisse, en France
et à … Taïwan.
Un pro
de l'impro en tournée
Yves-Noël Grin, le Messager, 13.04.2007
Denis Beuret et son trio Nouvel Ensemble Postcontemporain
présenteront leur concert le 20 avril prochain à l’Univers@alle
à Châtel-St-Denis. Portrait d’un passionné pour
qui temps et musique résonnent dans un même accord.
Compositions, enseignement, prestations sur scène, Denis
Beuret vit la musique sur toutes ses portées. Un univers dans
lequel il évolue professionnellement depuis 1998. Il pourrait
en parler des heures, en termes souvent très pointus. Profane
de journaliste, qui n’explore la musique que par le biais de son transistor,
me voilà désarçonné. Mais Denis Beuret aime
trop ce qu’il fait pour nous laisser à terre. Un peu de patience
et quelques explications plus tard, me revoilà en selle …
15 concerts en vue
Semsalois d’adoption depuis1997, ce jurassien de 41 ans
vit de sa musique tout en étant père au foyer (trois enfants).
Une combinaison qui lui a notamment permis de fonder l’Ecole de Musique
Créative en 2004 à domicile. Il y enseigne le jazz comme
le classique, sur des instruments aussi variés que les cuivres,
le piano et la batterie. L’enseignement demeure pourtant marginal dans
son emploi du temps. Il consacre davantage d’énergie à ses
compositions, au jeu de son instrument et à la mise en place de
concerts. « Mon occupation varie de manière saisonnière.
Actuellement, 70% de mon temps est dédié à l’organisation
de notre tournée qui débute la semaine prochaine »
explique-t-il. Un périple qu’il effectuera en compagnie d’Hans
Koch (clarinette basse, électronique) et de Vinz Vonlanthen (guitare
électrique). Formé en 2006, le trio « Nouvel Ensemble
Postcontemporain » se produira le 20 avril à l’Univers@alle
à Châtel-St-Denis avant d’écumer 14 autres salles romandes
jusqu’à fin juin.
Précurseur dans l'âme
Hormis ses partitions de trombone basse augmenté,
Denis Beuret a signé l’intégralité des compositions
du concert. Que cache le programme intitulé « Musique d’avenir
»? « Ce sont des œuvres qui se situent à l’intersection
de la musique contemporaine, électroacoustique, électronique
et du jazz contemporain » explique le Semsalois. Dont les compositions
ont été retranscrites sous la forme de synopsis. Comprenez
par là que toutes les indications d’une partition conventionnelle
(style de jeu, nuances, sonorité, densité, etc.) sont présentes
… excepté les notes ! « Ce système permet
une liberté dans l’improvisation tout en donnant un cadre aux créations
».
Denis Beuret n’en n’est pas à sa première invention.
En 2002 il parvenait à donner une dimension électronique
à son trombone basse. Des capteurs situés sur l’instrument
- ou à proximité - permettent de contrôler l’électronique
en fonction du volume ou de la hauteur des notes, de la position de la
coulisse ou de l’instrument ainsi que de l’utilisation ou non des barillets.
Et l’inventeur de s’enthousiasmer : « Cela permet de multiplier
les possibilités du trombone grâce à une palette
sonore incroyable ». Le compositeur a certes protégé
sa conception, mais concède qu’elle n’est pas commercialisable
à grande échelle. « Je préfère faire
fortune en jouant qu’en vendant mon invention » note-t-il avec
humour.
Le Nouvel Ensemble Postcontemporain en concert samedi
à Moutier
Alone
swissdisc
Le compositeur et tromboniste fribourgeois Denis Beuret propose
douze improvisations sur cet enregistrement. Celles-ci sont le reflet
de la vaste palette sonore du trombone, mêlant divers effets allant
d’effets instrumentaux à des effets digitaux en passant par l’utilisation
d’autres accessoires.
Denis Beuret est connu de la scène musicale suisse, que
ce soit par ses talents de compositeur ou d’interprète. Il joue
du trombone basse et du trombone électronique. Il a d’ailleurs
mis au point un trombone basse augmenté muni de divers capteurs
qui permettent de contrôler des messages Midi en fonction des mouvements
et du jeu du tromboniste. En tant qu’interprète, Denis Beuret
a eu l’occasion de se produire avec de nombreux musiciens, que ce soit
dans le domaine de l’electro-jazz, de l’ethno-jazz, de l’improvisation
et des performances musicales.
«Alone» propose une découverte peu courante
du trombone, dans un domaine qui laisse toute liberté puisqu’il
s’agit d’improvisation. Il paraît difficile de classer ce disque
car on se situe à mi-chemin entre la musique électronique
et la musique classique contemporaine, avec une influence jazz évidente.
Doubles sons, utilisation des boucles et autres effets instrumentaux
sont au menu de cet enregistrement. C’est une performance qu’il faudrait
décrire en détail, tant les effets sont nombreux. À
tel point que l’on finit par se demander comment un interprète parvient
à obtenir à lui tout seul autant d’effets sonores: Il y
a quelque chose de magique dans cet enregistrement réalisé
en une seule prise, sans retouche en studio. Le trombone sonne sans doute
comme jamais on a l’occasion de l’entendre. Ce disque est une belle manière
de partir à la découverte de sonorités surprenantes.)
Denis Beuret, le trombone basse revisité.
Musicien professionnel et compositeur établi à
Semsales, Denis Beuret a mis au point, grâce à des capteurs
adaptés à son instrument favori, un trombone basse lui permettant
de contrôler un ordinateur tout en jouant. Quand l’électronique
déploie l’éventail des possibilités musicales…
«La
musique, c’est ma raison de vivre», dit Denis Beuret. Musicien
professionnel, compositeur, ce Semsalois né à Delémont,
en 1965, est tombé dedans quand il était petit. Puisqu’il
a déjà donné ou participé, depuis 1978, à
quelque 400 concerts en Suisse, en France et même à Taiwan.
Il a aussi enregistré des CD, dont Tromboom, en duo avec le Fribourgeois
Jérôme Vonlanthen (des compositions et improvisations pour
trombone basse, didgeridoo et percussions).
Diplômé du conservatoire de sa ville natale, Denis
Beuret, marié et père au foyer de trois jeunes enfants,
a touché à tout. Trombone bien sûr, mais aussi batterie,
piano, chant dans un chœur, direction, orchestration avec Jean Balissat…
Une expérience qui lui a permis d’aborder tous les styles. Du
grégorien au jazz contemporain, en passant par le rock et la musique
de fanfare. Sans oublier l’électro-jazz et tout ce qui a trait
à l’électronique, son «dada».
C’est à l’âge de 21 ans que Denis Beuret découvre
le trombone basse. Et qu’il tombe sous son charme. Au point de pousser
cet instrument dans ses retranchements les plus inattendus. Amoureux
des sons et de ses combinaisons infinies, ce perfectionniste a mis au
point un trombone basse d’un genre particulier. Il l’a doté de capteurs
qui lui permettent, avec un ordinateur, le contrôle des sons, tout
en jouant. Une pratique connue, et depuis des années, par les professionnels
du clavier ou de la guitare, pour qui une interface comme l’«Eobody»
ou le protocole «MIDI» n’ont plus de secrets (voir ci-dessous).
En revanche, l’application de cette technologie au trombone basse est
une nouveauté autant qu’une curiosité.
D’autres voies à explorer? «Je maîtrise la
technique. Par contre, j’apprends de nouvelles choses tous les jours!»
dit Denis Beuret. «Je me lance à fond dans cette voie. Pour
les prochains concerts à Guin, Winterthour et Fribourg avec le
trio Beuret-Bühler-Vonlanthen, plusieurs instruments seront munis
de capteurs. Les effets musicaux seront démultipliés et
acoustiquement très intéressants.»
Denis Beuret attire par ailleurs l’attention sur le statut
d’artiste professionnel. Qui ne vaut pas que pour la musique, du reste. «Le
système des subventions est complexe. En Suisse, les artistes ont
tendance à passer pour de doux poètes. En même temps,
certains d’entre eux bénéficient d’une vraie reconnaissance
à l’étranger, comme Mathieu Michel, l’un des meilleurs
trompettistes de jazz actuels.» Mais la situation des artistes
reste précaire en Suisse. «Pour pouvoir jouer à l’étranger,
il faut d’abord se faire un nom chez soi. Mais pour pouvoir être
reconnu chez soi, il faut s’être fait un nom à l’étranger!»
Une quadrature du cercle qui montre toute la difficulté qu’il y a,
pour un professionnel, à pouvoir vivre de son métier.
C’est à l’Institut de recherche et de coordination acoustique/musique
à Paris (IRCAM) que Denis Beuret découvre l’Eobody. C’est
une interface capteurs/MIDI (les initiales pour «Musique interface
digitale instrument») qui sert à faciliter la réalisation
de contrôleurs gestuels ou d’installations sonores interactives
utilisant des capteurs. Elle permet de convertir des signaux analogiques
issus de capteurs en messages MIDI, lesquels seront réceptionnés
par un système de production sonore les interprétant comme
paramètres (volume, panoramique, réverbération…).
Correspondant aux gestes exécutés, les messages
MIDI agissent directement sur le son, faisant de l’ensemble… un nouvel
instrument de musique, voire un orchestre tout entier, à partir
d’un seul et unique instrument! Le protocole MIDI peut aussi être
utilisé pour la transmission d’autres informations, provenant de
capteurs de lumière, par exemple. Jean-Michel Jarre a été
l’un des premiers à tirer parti de ce système, auquel il
a ajouté la dimension de la couleur. Compliqué, tout ça?
Un jeu d’enfant pour Denis Beuret. «Le système élaboré
par un ingénieur de l’IRCAM ne me convenait pas complètement,
si bien que j’ai mis au point mes propres capteurs de distance pour mon
trombone. Je les ai reliés au système MIDI, constitué
d’un ordinateur et de logiciels musicaux, d’une table de mixage digitale
et de contrôleurs MIDI. Ce qui me donne des possibilités d’interaction
en temps réel», explique Denis Beuret.
Le résultat concret? Les notes enclenchent des «samples»,
des arpèges de guitare, de piano ou de percussion, des sons préenregistrés.
On peut varier les sons des synthétiseurs virtuels, générer
des accords et des rythmes, moduler le son d’un instrument par rapport
à un autre… Le champ des possibilités est illimité,
s’enthousiasme Denis Beuret, qui ne voit rien «d’artificiel»
dans le mariage de la musique et de l’électronique, car il reste
une place pour l’improvisation.
Semsales- Denis Beuret marie acoustique et électronique
Le trombone basse augmenté
Musicien professionnel, Denis Beuret, à Semsales,
a mis au point un trombone basse augmenté. Même avec les
deux mains et la bouche occupées, le tromboniste peut contrôler
ses programmes musicaux.
Compositeur, ce musicien titulaire d’un diplôme professionnel
de trombone est également un féru d’informatique. Il
y a deux ans, aux ateliers Forum de l’IRCAM à Paris, il a découvert
l’appareil Eobody qui permet de convertir une tension en valeur MIDI.
Le résultat ? Une possibilité d’interaction en temps réel.
« Selon la configuration du programme, on obtient des réactions
prédéfinies à des signaux qui peuvent être
la hauteur d’une note, l’utilisation ou non d’un barillet, la position
de la coulisse ou son accélération … » explique ce musicien
de 40 ans qui a déjà participé à plus de 400
concerts en Suisse, en France ou à Taiwan comme tromboniste, batteur,
choriste ou directeur dans des formations diverses et dans des styles variés
allants du chant grégorien au jazz contemporain en passant par le
big band et l’orchestre symphonique.
Dès
lors, tout devient possible : enclencher des samples, créer automatiquement
des accords ou des effets en fonction des notes jouées, etc.
« Les possibilités sont infinies et permettent d’enclencher
des samples, de varier les sons de synthétiseurs virtuels, de
moduler le son d’un instrument en fonction d’un autre. On vit dans un
monde où l’informatique a pris une place importante et la musique
se doit d’être en adéquation avec son époque »
dit le musicien pour qui l’interaction homme-machine est un modèle
d’avenir. « La création qui allie instruments acoustiques et
électronique est beaucoup plus intéressante que l’électronique
seule qui est plus froide. Le contrôle technique poussé permet
un nouveau type de composition où tout n’est pas écrit à
l’avance mais où un certain nombre d’événements sont
prévus, ce qui laisse une grande place à l’improvisation,
le déroulement temporel des passages étant déterminé
avec plus ou moins de précision ».
Avec Jérôme
Vonlanthen, didgeridoo et percussions, Denis Beuret forme le duo TROMBOOM
qui va jouer au Phénix à Fribourg le 9 septembre à
12h15 en concert-lunch. De même qu’au Kevin’s bar à Belfaux
le 7 octobre à 22h00, des compositions et des improvisations de
style ethno-jazz.
Avec Vinz Vonlanthen, guitare électrique et Hermann Bühler,
clarinette basse, sax. Alto, il va former le trio Beuret-Bühler-Vonlanthen
ce qui sera l’occasion de présenter de nouvelles compositions.
Plusieurs instruments auront des capteurs ainsi l’électronique
sera contrôlée simultanément par deux ou trois musiciens.
La création aura lieu au Bad Bonn de Guin (Düdingen) en
novembre puis sera jouée à Winterthur avant d’être
présentée le 25 janvier à la Spirale de Fribourg.
Rennweg 26 journal
Avec :
Hans Koch, clarinette basse, électronique
Vinz Vonlanthen, guitare électrique
Denis Beuret, trombone basse, électronique, composition.
Le fribourgeois Denis Beuret est connu de la scène musicale
suisse, que se soit par ses talents de compositeur ou par ceux d’interprète.
Il joue du trombone basse et a mis au point un trombone basse augmenté
muni de capteurs divers qui permettent de contrôler des messages
MIDI en fonction des mouvements et du jeu du tromboniste. En tant qu’interprète,
Denis Beuret a eu l’occasion de se produire avec de nombreux musiciens,
que ce soit dans le domaine de l’électro-jazz, de l’ethno-jazz,
de l’improvisation et des performances musicales.
Denis Beuret a trouvé, comme cela est devenu rare aujourd’hui,
un langage et une démarche très personnelles. Il sait
intégrer l’informatique et le jeu du trombone sur scène,
sans que cela paraisse artificiel. Pour ce projet « Musique d’avenir
», il s’est entouré de deux musiciens de renommée internationale,
le biennois Hans Koch et le Bernois vivant à Genève Vinz
Vonlanthen. Ensemble ils interprètent ses nouvelles compositions
conceptuelles et graphiques « Synopsis », qui mêlent
sons acoustiques, électriques et électroniques. Son écriture
dépouillée se concentre sur l’essentiel et laisse à
l’improvisation la place qu’elle mérite.
« Musique d’avenir » qui fêtera sa première
quelques jours à peine avant son passage au Rennweg26 est le
premier projet de l’Association Nouvelles Créations, fondée
en 2006, dont le but est d’encourager les créations musicales et
multidisciplinaires, ainsi que la diffusion de ces œuvres.
Beuret/Bühler/Vonlanthen
impro music/contemporary jazz
Bad Bonn
Daniel Fontana Novembre
2006
Beuret/Bühler/Vonlanthen – Fr 18. November 2005
– 21h30
Drei Musiker aus drei verschiedenen Regionen der Schweiz demonstrieren,
was mit klassischer Instrumentenbeherrschung und moderner Technik alles
möglich ist. Die akustischen Klänge aus der
Bass-Posaune von Denis Beuret, das Klarinetten- und Saxofonspiel von
Hermann Bühler und die elektrische Gitarre von Vinz Vonlanthen lassen
den Zuhörer wahre Leidenschaft erahnen. Der interaktive Einsatz von
Sensoren und anderen Gerätschaften verleihen den Kompositionen von
Denis Beuret einen sehr eigenen Charakter. Es ist weder Elektro, noch
Free oder Jazz, aber auch zeitgenössische Musik verfehlt das Endergebnis.
Vielmehr der spürbare Drang, sich sich durch Varieren von Rhythmen
und Akkorden dem absoluten Klang zu nähern, macht dieses Projekt entdeckungswürdig!
Trois musiciens venant de trois régions différentes de
la Suisse nous proposent des variations virtuoses de ce que peut procurer
le mariage d’une maîtrise classique des instruments avec la technologie
moderne. Les sons graves du trombone de Denis Beuret, la clarinette et le
jeu de Saxofon de Hermann Bühler ainsi que la guitare électrique
de Vinz Vonlanthen sont aptes à enflammer les passions. L’utilisation
interactive de détecteurs et d’autre machinerie prête aux compositions
de Denis Beuret un caractère très individuel. Ce n’est ni
de l’Elektro, ni du Free ou encore du Jazz, mais non plus de la musique
contemporaine. C’est bien une quête incessante vers le son absolu
qui rend ce projet d’un intérêt majeur.